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La grippe n'est pas
loin et France Inter, pardon, Paris Inter est dans la place. Julien Delli
Fiorri n'est pas là, Xavier Prevost arrive demain mais ça
tourne. La salle Nougaro à fait son plein pour la première
des "Une heure avec...".
-Donc les tickets
verts...
Gil et Gilbert règlent
les arrivées.
-Je t'en envoie onze...
Mike Shannon et Bernard
Lescure sont là, Négus m'avait averti que l'ex Chat Sauvage
était toujours dans ses tablettes.
Le saxophoniste Julien
Lourau quitte son gang pour une rencontre à groove ouvert le quartet
du pianiste Laurent de Wilde. Et on les suit, tour à tour sur le
répertoire de l'un et de l'autre. Deux batteurs, et pas des moindre,
Dion Parson et Dédé Ceccarelli, Paul Imm à la contrebasse,
swinguent le funk, chavirent le calypso, allument le reggae, alertent le
Vaudou. Une heure intensive. De Wilde est bien dans sa dralhe, distribue
les chorus, mène l'histoire, pousse, calme, relance...
-C'est avec ce genre
de risque qu'un festival prend ses marques et pose son originalité.
Au fait, il fait toujours son come back tous les ans à la salle
Altigone ?
-Qui ?
-Mike bien sur...
Le temps de passer
prendre Pat à l'ostal, de regagner Aucamville, c'est l'heure du
deuxième concert de la soirée.
La salle des fêtes,
comme toutes ses cousines du département sonne hall de gare mais
faut faire avec. La scène n'est pas sur la scène, et même
si c'est pas plein, tous les sièges sont occupés quand Katz
entame sa prestation avec un morceau de Tom Cora. Marc Démereau
et ses complices nous entraînent dans un univers fantastique irrigué
de courant musical balkanique, une fusion décorticable. Cazamayou
s'accordéonne, finesse et efficacité, tchache, rap d'avant,
voix basque à la Bénat...
- Portejoie n'est
pas sonorisé et c'est presque trop fort...
Banjo, sifflet, clarinette
pour folklore imaginé en Val d'Aran, cap esquerra, cap à
dreita, prent lo porta vox... Tu le mescle amb la Macedoine, ça
te donne autan de fleurs que tu désires. Katz c'est tout ça
et plus encore. Borgèse et l'infamie.
-Ah ! Mais tu es là
la Scratcheuse...
Sur la scène
l'infamie redouble de plaisir, catimini hors les murs, partout où
vie ici là...
-C'est vachement bien...
La Scratcheuse sévit
au bon endroit.
"...chacun a son petit
coin, son ours en peluche, son pouce à sucer..." Blues à
la Tigre, "... dans le sommeil même le plus poitre, le tortionnaires
retrouve sa maman... Viendront les mouches dorées..."
Et on se lance sur
un boléro au son du soufflet qui s'étire, show... Négus
est en grande conversation avec Jean-Jacques.
-Compay m'a bien confirmé...
C'est vraiment la piste la plus probante, Gong, l'île de White, le
Liban, Ibiza et l'autre vieux fou de Steve...
-Tu sais, ici dans
le milieu tout le monde est au courant, alors...
Le boléro s'improvise,
prêt à vivre. Katz la baraque chez Georges, spécial
dédicace à Jeannot. La danse redanse à la casa et
délivrance au banjo. Kitz vira tant que vira, il a les boules, les
lumières...
-Mais non, ça
va !
La Scratcheuse tient
le match. C'est vrai que dans l'idée Cabaret ça suffit. Borgèse
sévit toujours, mais qui sera la prochaine victime ? Négus
est formel, "La poulpe est pleine".
Les katz poursuivent,
élèvent et donnent de la voix.
-C"est le Klaus Nomi
d'Escrabefave...
Jean-Jacques à
toujours le mot qui tue, et puis lui, sur Hendrix il en connaît un
rayon. Cazamayou est basque, et avec le chant, les Basques ont à
voir.
-Il faut qu'ils aillent
à Assier l'an prochain !
Allez, c'est l'entracte.
La nouvelle de la non venue de Noêl Akchoté semble se confirmer,
est-ce la présence de Négus ? Autre affaire à suivre,
il est question de la venue du trio de François Corneloup, autre
personnage de la nouvelle scène jazz européenne.
La bête a bon
dos arrive de la rue et prend la scène. Fanfare arfienne à
vents et percussions, elle avance sur des steppes truffées de cent
et une mines de folklore. Dix musiciens, dont deux filles, un Tiboum qui
se frise à la caisse claire, le panard quoi ! Match cap à
cap, cuivres contre cuivres, prise de anches, embouts, photos de famille.
La bête à bon dos prend des configurations multiples avec
occupation de l'espace à jouer. Flûte piccolo et tambour marchent
bien ensemble, parcours, affrontations ludiques, graphiques, frévos
de carnaval, les saxes rejoignent l'aire de la bête, la fête
touche à sa faim. La grippe fait tousser les bronches, couvrez vous!
Jacme Gaudàs